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Symbole et point de fusion de la guerre froide le mur de Berlin a également matérialisé pendant 28 années de façon douloureuse l’hermétisme de la frontière entre l’Europe de l’Ouest et les pays passés sous la coupe soviétique après 1945. La faillite économique du système communiste et le changement politique induit, aboutissent à son ouverture le 9 novembre 1989 puis à la réunification de l’Allemagne moins d’un an après. Retour
L'apparition d'une clôture de barbelés dressée en hâte en plein coeur de Berlin durant la nuit du 12 au 13 août 1961 fut un moment aussi tragique qu'inattendu. En l'espace de quelques jours, elle se transforma en une structure imposante qui en viendrait à symboliser la folie brutale de la guerre froide : Le Mur de Berlin.
D'abord cette ville de près de quatre millions d'habitants, puis le pays entier, sont cruellement coupés en deux, déclenchant une crise potentielle catastrophique entre l'Est et l'Ouest. Pour la première fois, le monde entier est confronté à la menace d'une apocalypse nucléaire imminente. Cette peur durera jusqu'au jour où ceux-là même que le Mur avait emprisonnés y ouvrirent les premières brèches, en cette incroyable nuit du 9 novembre 1989...
Berlin, tout un symbole
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, Berlin est devenu un symbole. Celui tout d'abord de la défaite du nazisme puis, dès 1948, celui de la résistance du " monde libre " face au communisme. (Berlin : Le Mur) Après sa capitulation le 8 mai 1945, l'Allemagne est divisée en trois, puis quatre zones d'occupation sous administrations soviétique, américaine, britannique et française, conformément à l'accord conclu à la conférence de Yalta. Berlin, la capitale du Troisième Reich, d'abord totalement occupée par l'Armée rouge doit également être partagée en quatre secteurs répartis entre les alliés.
Les Soviétiques laissent alors aux Occidentaux les districts ouest de la ville qui se retrouvent ainsi totalement enclavés dans leur zone d'occupation, le secteur resté sous contrôle soviétique représentant à lui seul 409 km2, soit 45,6 % de la superficie de la ville. La position et l'importance de Berlin en font un enjeu majeur de la guerre froide qui s'engage dès la fin des hostilités.
D’abord le blocus
La coopération entre les quatre puissances occupantes de l'Allemagne prend fin en 1948 lorsque l’Union soviétique suspend sa participation au Conseil de contrôle allié et du commandement Interallié le 19 mars 1948. Les Soviétiques s'emploient dès lors à gêner les communications des Occidentaux avec Berlin-Ouest, sans doute pour les forcer à abandonner l'ancienne capitale du Reich. Du 24 juin 1948 au 12 mai 1949, Staline instaure le blocus de Berlin. Tous les transits terrestres et fluviaux entre Berlin-Ouest et l'Allemagne de l'Ouest sont coupés. Cet événement constitue la première crise majeure entre l'Union soviétique et les occidentaux.

Grâce à un gigantesque pont aérien organisé sous l'égide des États-Unis, Berlin-Ouest survit au blocus. L'année 1949 voit la création de la République fédérale d'Allemagne dans les zones britannique, américaine et française, suivie de près par celle de la République démocratique allemande dans la zone sous influence soviétique. La création de deux États consolide la division politique de Berlin. On commence alors des deux côtés à sécuriser et à fermer les frontières.
Nouveau coup de force
Le 27 novembre 1958, l'URSS tente un nouveau coup de force avec un ultimatum lancé par Khrouchtchev » demandant le départ des troupes occidentales dans les six mois pour faire de Berlin une « ville libre » démilitarisée. Les alliés occidentaux refusent. Comme tous les pays communistes, la RDA s'est vu imposer par Moscou une économie planifiée qui est rapidement en échec. Le pays subit un flot d'émigration croissant vers la RFA, particulièrement à Berlin car la frontière urbaine est y difficilement contrôlable, contrairement aux zones rurales déjà très surveillées.
Entre 2,6 et 3,6 millions d'Allemands fuient la RDA par Berlin entre 1949 et 1961, privant le pays de main-d'œuvre et montrant à la face du monde leur faible adhésion au régime communiste. Émigrer ne pose pas de difficulté majeure car, jusqu’en août 1961, il suffit de prendre le métro ou le chemin de fer berlinois pour passer d'Est en Ouest, ce que font quotidiennement des Berlinois pour aller travailler. La RDA se trouve en 1961 au bord de l’effondrement économique et social.
Un dispositif militaire
Présenté comme un rempart ce mur est en fait une prison. Dans les semaines suivantes, il est complété par un mur de béton, puis muni de divers dispositifs de sécurité. Au fil du temps il devient un véritable dispositif militaire comportant deux murs de 3,6 mètres de haut avec chemin de ronde, 302 miradors et dispositifs d'alarme, 14 000 gardes, 600 chiens et des barbelés dressés vers le ciel. Plusieurs centaines de ressortissants de la RDA perdent la vie en essayant de le franchir, les gardes-frontière est-allemands et soldats soviétiques n'hésitant pas à tirer sur les fugitifs. (photo : Checkpoint Charlie, Photographie Jenner, Michael - AllPosters.com)
Les réactions
La réaction des Alliés tarde : il faut attendre vingt heures avant que les colonnes militaires ne se présentent à la frontière. Les Alliés considèrent que l'URSS est à l'initiative de la construction du Mur entre sa zone d'occupation et celle des alliés comme l'indiquent les notes de protestation envoyées au gouvernement soviétique par les ambassadeurs américain et français. Cependant, Kennedy qualifie la construction du Mur de « solution peu élégante, mais mille fois préférable à la guerre ». Lire la suite
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