La 1ère Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité, doit être lancée le 2 novembre prochain sur le Parvis des Droits de l’Homme à Paris. Des manifestations auront lieu simultanément dans toutes les délégations françaises de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD). Explications
La 1ère Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité est prévu pour être le point d’orgue du 17ème Congrès mondial des associations qui œuvrent en ce sens.
Pour la 17 e fois le Congrès mondial des associations pour le droit de mourir dans la dignité se réunit. Les travaux des délégués des 44 associations se déroulent à Paris. Ils y confronteront leurs idées pour, selon leurs termes, «faire progresser la liberté de chacun et pour obtenir une mort apaisée et contrôlée».
Des affaires récentes
« Les affaires douloureuses ne cessent d’interpeller les Français qui se déclarent depuis près de 20 ans, de manière constante, en faveur de l’euthanasie » déclarent d’ailleurs l’AMD et son président, Jean-Luc Romero. Ce dernier estime également que " Jean Leonetti, s’apprête à conclure les 8 mois de travaux de sa Mission par des mesurettes (sic) qui n’apaiseront en rien l’angoisse de ceux qui souffrent et de ceux qui savent qu’ils vont souffrir ".
Après l’affaire Chantal Sébire, cette enseignante française atteinte d'une tumeur rare de la face, et dont la médiatisation des souffrances, puis le décès en mars 2008, avaient ravivé le débat sur l’euthanasie en France, le gouvernement a chargé le député Jean Leonetti de faire le point sur la loi sur la fin de vie, votée en avril 2005, dont il était l’investigateur.
Vivre ou laisser mourir
Respecter la vie, accepter la mort
Comment appréhender la fin de vie dans une société - la nôtre - où la mort ne fait plus partie de la vie, n'est plus acceptée comme le terme naturel ?
Jean Leonetti est député et médecin : c'est à ce double titre qu'il a présidé, an sein de l'Assemblée nationale, la mission d'information sur l'accompagnement de la fin de vie.
Créée le 15 octobre 2003 après l'été caniculaire et la mort de Vincent Humbert, elle s'est attachée à appréhender cette problématique complexe et taboue, sans a Priori, à l'écoute d'historiens, de philosophes, de médecins, de religieux, de juristes.
C'est cette plongée dans l'humain, qui a finalement suscité plus d'interrogations que de réponses, que raconte Jean Leonetti. Tout le propos de ce livre est de nous rassembler sur une question douloureuse et si contemporaine, et d'expliquer qu'on peut concilier la liberté de choisir sa mort et le respect de la vie.
Mission Leonetti
La mission Leonetti en charge de l'évaluation de la loi de 2005 qui régit les choses en France dans le domaine reste en-deçà des demandes des différentes associations. Le droit à la mort n'est pas accordé et le fait de "donner la mort à un tiers sur sa demande" reste un homicide volontaire.
Ce rapport déposé fin 2008 préconise entre autres dispositions possibles,la création d'une procédure collégiale pourdécider de l'arrêt -ou non- d'un traitement médical en fin de vie. Proposition aussi de la mise en place d'un "observatoire des pratiques médicales de fin de vie", de mieux faire connaître la légilsation en la matière.
A l'étude également un congé rémunéré pour permettre d'accompagner un proche en fin de vie. Le gouvernement français déclare quant à lui vouloir agir en développant l'offre des soins palliatifs d'ici les cinq années à venir.
Congrès mondial
Lors de la séance plénière du Congrès, le vendredi 31 octobre, des personnalités françaises telles que Laurent Fabius, Jean-Paul Huchon, Bertrand Delanoë, Henriette Martinez, François de Closets, Noëlle Chatelet, Frédéric Chaussoy, des parlementaires étrangers comme Francine Lalonde, Jean Huss viendront exposer leur vision de leur fin de vie et appeler le législateur, pour le moins, à l’ouverture d’un débat public sur la fin de vie.
Mourir dans la dignité
Quand un médecin dit oui
Aujourd'hui, l'allongement de la durée de la vie a trop souvent pour corollaire l'acharnement thérapeutique.
Certaines personnes qui, en toute lucidité, demandent à disparaître, se voient opposer un refus proche de l'abus de pouvoir. Catherine Leguay, militante de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, a recueilli les histoires de ceux qui souffrent de l'interdiction légale de l'euthanasie.
Parmi ces témoignages, ceux des proches et des patients de Bernard Senet. Médecin généraliste, il relate les moments passés auprès des malades qu'il a suivis pendant des mois. Le philosophe André Comte-Sponville apporte également sa contribution en développant une réflexion sur la mort, ce prolongement naturel de l'existence désormais nié par notre société.
Ces trois humanistes, éclairant le douloureux mais nécessaire débat sur l'euthanasie, permettent d'en comprendre les enjeux humains, médicaux et légaux.
Le dimanche 2 novembre, à 10h30, une conférence de presse exposera la nécessité de la 1ère Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité.
L’ADMD qui milite pour que chacun puisse, en conscience, maîtriser librement son propre parcours de fin de vie a donc choisi la date du 2 novembre, jour des défunts, pour lancer la première journée mondiale consacrée au sujet.
Les lieux du Congrès
En savoir plus

----
Rechercher dans Evénemonde
