Le 6 février 1998 à 21h05, le préfet de Corse Claude Érignac est assassiné rue Colonna-d’Ornano à Ajaccio. Il est abattu de trois balles de calibre 9 mm dans la nuque à bout portant. Retour sur l’enquête et ses aboutissements.
L'arme du crime, un Beretta qui avait été subtilisé cinq mois plus tôt, le 6 septembre 1997, pendant la prise en otage de deux gendarmes de la caserne de Pietrosella (Corse-du-Sud), est retrouvée sur les lieux.
Le 9 février 1998, une revendication anonyme, crédibilisée par l'indication de la provenance de l'arme retrouvée sur les lieux du crime amèent les enquêteurs s'intéressent à Marcel Lorenzoni, un militant radical de la mouvance nationaliste plusieurs armes de gros calibre, dix-huit bâtons de dynamite et six détonateurs.
Une piste explorée tardivement
Cette piste sera considérée crédible pendant plus d’un an et Mathieu Filidori, un autre agriculteur et militant nationaliste, est arrêté. Les deux hommes sont relâchés en 1999.
On apprendra par la suite que dès le 16 novembre 1998 le préfet Bernard Bonnet avait fait parvenir au procureur de la République Jean-Pierre Dintilhac une note relevant l’implication d’Alain Ferrandi dans l’assassinat. Mais ce n’est qu’après l’arrestation du préfet Bonnet le 3 mai à la suite de l’« affaire des paillotes » que Roger Marion explore cette piste.
Le procès
Le 30 mai 1999, Vincent Andriuzzi est arrêté, Jean Castela le sera le 2 décembre. Ce sont les deux autres noms cités, avec Alain Ferrandi, par les notes du préfet Bonnet. Présentés comme les « intellectuels » du réseau, les deux enseignants sont mis en examen pour « complicité d’assassinat ». Condamnés par la cour d'assises spécialement composée de Paris, ils sont acquittés en appel pour l'assassinat du préfet Érignac et condamnés pour d'autres faits. Le 21 mars 2006, Jean Castela et Vincent Andriuzzi sont mis en liberté conditionnelle.
Le 2 août 2001, l'enquête est close. Le cas d'Yvan Colonna, alors toujours en fuite, est disjoint.
Le cas Colonna
Le 4 juillet 2003, après 4 années de fuite, Yvan Colonna est arrêté et mis en détention provisoire. Il est renvoyé devant la cour d'Assise spéciale de Paris pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" du 12 novembre au 12 décembre 2007. Après cinq semaines d'un procès que ses avocats jugent "équitable" il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en première instance.
Ses avocats interjettent appel, suivi en cela par le parquet de Paris. Le procès en appel, à nouveau devant une cour spéciale, devrait se tenir sous bientôt.