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1989. Les coups de pioches répondent au violoncelle de Rostropovitch. Une marée humaine déferle sur la porte de Brandebourg. Ces images de liesse gravées dans les mémoires échafaudent aussitôt un mythe : Berlin est la ville de tous les possibles. Que reste-t-il, vingt ans plus tard, de cette effervescence ?
Ville-chantier, en constant renouvellement, elle a sollicité les plus grands architectes. Ville-mosaïque, parsemée de forêts et de friches, elle cherche ses contours. Ville à fleur de présent, elle hésite entre commémorations hésitantes et abrupts refoulements de son histoire. Berlin fuyante et complexe. Ville de l'entre-deux, du provisoire. (d'après : Berlin : Quoi de neuf depuis la chute du Mur ?)
L'ordre de tirer
Les soldats à la frontière est-allemande avaient l'« ordre de tirer », c'est-à-dire l'obligation d'empêcher les tentatives d'évasion par tous les moyens, même au risque de la mort du fugitif. Ramenés à la longueur de la frontière, on peut même dire qu'il y eut beaucoup plus de morts à Berlin qu'en moyenne sur le reste du Mur. Lors des grands jours fériés ou de visites d'État, l'ordre de tirer était parfois suspendu, pour éviter les répercussions négatives dans la presse de l'Ouest.
Des découvertes récentes ont mis en lumière la responsabilité de l'État est-allemand dans les exécutions de fugitifs. En octobre 1973, un ordre est adressé aux agents de la Stasi infiltrés dans les unités de gardes frontières. Ceux-ci doivent empêcher que des soldats ne passent à l'Ouest.
Chute du mur de Berlin AllPosters.com
L'ordre est très clair : « N'hésitez pas à faire usage de votre arme, même si la violation de la frontière concerne des femmes et des enfants, ce qui est une stratégie souvent utilisée par les traîtres ».
Les victimes du Mur
Difficile à évaluer car passées sous silence en RDA, le nombre des victimes du Mur est estimé à plus d’un millier. Les premières balles mortelles sont tirées par la police de la route le 24 août 1961 sur Günter Litfin, âgé de 24 ans près de la gare de Friedrichstraße, onze jours après la fermeture de la frontière, au cours d'une tentative d'évasion. Le 17 août 1962, Peter Fechter, 18 ans, perd tout son sang sur la « piste de la mort ». En 1966, deux enfants de 10 et 13 ans sont abattus par une quarantaine de balles. Parmi les victimes du Mur figurent aussi quelques soldats, comme Reinhold Huhn, abattu par un passeur. La dernière victime, Chris Gueffroy, est tuée le 6 février 1989.
Procès
Une série de procès a duré jusqu'au printemps 2004 pour savoir qui portait la responsabilité juridique d'avoir donné l'ordre de tirer sur les fugitifs. Les tireurs exécutants étaient recrutés en grande partie dans la NVA (Armée nationale populaire) ou dans les troupes frontalières. Parmi les accusés, 35 furent acquittés, 44 condamnés avec sursis et mise à l'épreuve et 11 à une peine ferme de plusieurs années de prison. Début
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