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Le Mur de Berlin

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Le Mur de Berlin

- 2 -

 

Le mur de Berlin pensé et érigé par la République démocratique allemande (RDA) pour tenter de mettre fin à l'exode croissant de ses habitants vers la République fédérale d'Allemagne (RFA) a coupé la ville en deux pendant plus de vingt-huit ans, enclavant totalement dans le territoire de la RDA, sa partie Ouest, dévolue aux alliés occidentaux en 1945.

 

Le Mur, appelé aussi le Mur de la Honte et présenté par ses constructeurs comme un rempart contre le fascisme, consiste tout d’abord en une barrière de fils de fer barbelé. Les pavés des axes de circulation entre les deux moitiés de la ville sont retournés afin d’interrompre immédiatement le trafic. Les ressortissants de Berlin-Ouest ne pouvaient quant à eux déjà plus entrer librement en RDA depuis le 1er juin 1952.

L'encerclement

L'encerclement est rendu plus efficace par la diminution des points de passage : 69 points de passage sur les 81 existants sont fermés dès le 13 août 1961. Fin 1961, il ne reste plus que 7 points de passages entre l'Est et l'Ouest de Berlin. 63 000 Berlinois de l'Est perdent leur emploi à l'Ouest, et 10 000 de l'Ouest perdent leur emploi à Berlin-Est.

 

 

Ostpolitik

Le 17 décembre 1963, après de longues négociations, le premier accord sur le règlement des visites de Berlinois de l'Ouest chez leurs parents de l'Est de la ville est signé.

À partir du début des années 1970, la politique suivie par Willy Brandt et Erich Honecker de rapprochement entre la RDA et la RFA (Ostpolitik) rend la frontière entre les deux pays un peu plus perméable. Pour beaucoup d’Allemands, l’édification du Mur est, de fait, un déchirement et une humiliation qui accentuent les ressentiments de la partition.

SED

Le Parti socialiste unifié d’Allemagne (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands, SED) fut le principal parti politique de la République démocratique allemande (RDA).
Renommé Parti du socialisme démocratique (PDS) en 1990, le parti entame une nouvelle ère une nouvelle ère, le PDS poursuivant ses activités après la Réunification allemande en se positionnant à gauche du SPD.

 
Willy Brandt
 

Willy Brandt
1913 - 1992

Il fut chancelier fédéral de 1969 à 1974 Son Ostpolitik a ouvert une nouvelle phase des relations avec la RDA
et lui a valu
le prix Nobel de la paix en 1971.
wikipedia

Erich Honecker
1912-1994

Il dirigea la RDA de 1976
à 1989.
Il fut longtemps secrétaire général du comité central du SED. wikipedia

   
Erich Honecker

Les deux Berlin

Les deux parties de la ville connaissent des évolutions différentes. Berlin-Est, capitale de la RDA, se dote de bâtiments prestigieux autour de l'Alexanderplatz et de la Marx-Engels-Platz. Le centre (Mitte) de Berlin qui se trouve du côté Est perd son animation. En effet, l'entretien des bâtiments laisse à désirer surtout les magnifiques bâtiments situés sur l'île des musées, en particulier l'important musée de Pergame. Berlin-Ouest devient vite la vitrine de l’Occident. La réforme monétaire met fin à la pénurie et la reconstruction est bien plus rapide qu’à l’Est.

 

 

La Hongrie ouvre son « rideau de fer »

L'affaiblissement de l'Union soviétique et la perestroïka conduite par Gorbatchev finissent par desserrer l’étau qui emprisonne les pays « satellites ». En 1989, la situation géopolitique change. Les Soviétiques annoncent leur retrait d'Afghanistan sans victoire. Au printemps, la Hongrie ouvre son « rideau de fer ».

En août, Tadeusz Mazowiecki, membre de Solidarnosc, devient Premier ministre de Pologne. Certains observateurs pensent qu'une contagion de liberté va gagner aussi les Allemands. À la fin de l'été, les Allemands de l'Est se mettent à quitter le pays par centaines, puis par milliers, sous prétexte de vacances en Hongrie, où les frontières sont ouvertes.

Fuites en masse

En trois semaines, 25 000 citoyens de la RDA rejoignent la RFA via la Hongrie et l'Autriche. À Prague, à Varsovie, des dizaines de milliers d'Allemands de l'Est font le siège de l'ambassade de RFA. En RDA, la contestation enfle. Les églises protestantes, comme celle de Saint Nikolai à Leipzig, accueillent les prières pour la paix.

Elles sont le germe des manifestations du lundi à partir de septembre. Malgré une tentative de reprise en main par des rénovateurs du Parti communiste, les manifestations continuent : un million de manifestants à Berlin-Est le 4 novembre, des centaines de milliers dans les autres grandes villes de la RDA. Cinq jours plus tard, une lors d’une conférence de presse retransmise en direct par la télévision, Günter Schabowski, membre du bureau politique du SED annonce que « les voyages privés vers l'étranger peuvent être autorisés sans présentation de justificatifs ».

La chute

Grâce aux annonces des radios et télévisions de RFA et de Berlin-Ouest, intitulées : « Le Mur est ouvert ! », plusieurs milliers de Berlinois de l'Est se pressent aux points de passage et exigent de passer. À ce moment, ni les troupes frontalières, ni même les fonctionnaires du ministère chargé de la Sécurité d'État responsables du contrôle des visas n'avaient été informés.

 

Sans ordre concret ni consigne mais sous la pression de la foule, un point de passage est ouvert peu après 23h, suivi d'autres points de passage tant à Berlin qu'à la frontière avec la RFA. Beaucoup assistent en direct à la télévision dès cette nuit du 9 novembre et se mettent en chemin. C'est ainsi que le mur de Berlin tombe dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 novembre 1989, après plus de 28 années d'existence. Cet événement a été appelé dans l'histoire de l'Allemagne « le tournant ».

Cependant le véritable rush a lieu le lendemain matin et d'immenses colonnes de ressortissants est-allemands et de voitures se dirigent vers Berlin-Ouest. Les citoyens de la RDA sont accueillis à bras ouverts par la population de Berlin-Ouest.

 

La chute du mur de Berlin à la télévision française

Diffusées au jour le jour et heure par heure à la télévision, les images de la chute du Mur de Berlin ont profondément marqué les esprits. D'autant que, par-delà son envergure historique internationale, le 9 novembre 1989 a signifié un tournant majeur dans l'évolution de ce média.

" Fin " des blocs ennemis, euphorie de " l'instant " analyse pondérée et rationnelle des perspectives d'avenir, espoirs et illusions liés à l'émergence d'un " monde nouveau " ; mais aussi réactivation du souvenir des heures sombres où l'unité de l'Allemagne mettait ses voisins à feu et à sang, peur d'une hégémonie de ce géant subitement ressuscité en pleine construction européenne, angoisse d'un soudain déséquilibre seulement vers l'Est... Finalement le Mur, construit en 1961 pour empêcher l’exode des Allemands à l’Ouest a été ouvert en 1989 pour la même raison. Curieux et salutaire retournement de l’Histoire. Lire la suite

 

Le mur de Berlin
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