24 juin 1948

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Le 24 juin 1948, l’Union soviétique bloque les voies d’accès terrestre à Berlin-Ouest. Commence alors le « blocus de Berlin », qui dure jusqu’au 12 mai 1949. Retour sur une situation de crise qui amorce la guerre froide.
Juin 1948, le blocus de Berlin est l'une des toutes premières crises d’une nouvelle période qui s’ouvre dans les relations internationales, la Guerre froide. Berlin est alors au cœur de l’affrontement entre les États-Unis et l’Union soviétique de Staline.
Pour empêcher la ville de tomber dans l’escarcelle soviétique, les États-Unis et leurs alliés mettent en place un gigantesque pont aérien qui lui permet de résister et de continuer à vivre. Cette première crise de Berlin accélère l’organisation de l’Europe en deux camps antagonistes et la partition de l’Allemagne en deux États indépendants.
Les origines
Les origines du blocus remontent aux négociations entreprises par les alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour régler le sort de l’Allemagne nazie « faire en sorte que l’Allemagne ne puisse plus jamais troubler la paix mondiale ».
Alors que la défaite allemande devient réalité, le protocole de Londres le 12 septembre 1944 stipule : « L’Allemagne, à l’intérieur de ses frontières telles que celles-ci existaient au 31 décembre 1937, sera divisée pour les besoins de l’occupation en trois zones, une de ces zones étant attribuée à chacune des trois puissances, et en une zone spéciale pour Berlin qui sera occupée conjointement par les trois Puissances »
Partage
Berlin, la capitale du Reich doit ,elle aussi, être divisée en trois secteurs d’occupation.
Lors de la conférence de Yalta, du 4 au 11 février 1945), Winston Churchill, Franklin Roosevelt et Joseph
Staline , reprennent les accords de Londres concernant l’Allemagne avec une possibilité pour la France de participer au « partage », en constituant une zone issue des zones britannique et américaine.
Premières tensions
Quand la Seconde Guerre mondiale prend fin en Europe le 8 mai 1945, les troupes soviétiques et leurs alliés occidentaux prennent position dans les zones prévues par les accords. Berlin qu'ils ont conquis se trouve dans leur zone.
Du 17 juillet au 2 août 1945, la conférence de Potsdam esquisse l’après-guerre, alors que les premières tensions se font déjà sentir. En effet, les forces soviétiques, arrivées les premières à Berlin, commencent à démonter des usines et à piller la zone qui leur a été attribuée alors qu’aucun accord n’a été conclu sur les réparations de guerre dues par l’Allemagne et leurs modalités de recouvrement.
La mésentente des vainqueurs
Contrairement aux accords conclus qui proclament la liberté pour chaque nation de choisir son régime politique, Moscou entend imposer le communisme et créer ainsi une zone d’influence, qui aura l’avantage d’apporter une protection supplémentaire au territoire soviétique, et de le protéger d’envahisseurs potentiels venus de l’Ouest.
Le gouvernement américain décide suivant la doctrine Truman de « soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d’asservissement qu’elles soient le fait de minorités armées ou de pressions étrangères », et le ton monte rapidement entre américains et soviétiques.
Président Truman
Naissance de la Guerre froide
Avec le début de la Guerre froide, Moscou veut utiliser le territoire allemand comme aire sécurisée, afin de protéger ses frontières à l’ouest. Les Occidentaux sont soucieux de voir le pays vaincu payer réellement ses réparations de guerre, ce qui nécessite une économie productive.
Le plan Marshall s’applique donc aussi à cette partie de l’Allemagne vaincue. L’aide totale est estimée à environ 4 milliards de dollars. De plus la reconstitution d’un État allemand démocratique et économiquement fort apparaît comme nécessaire pour faire barrage au communisme.
À l’annonce de ce plan d’aide, les Soviétiques réagissent en fondant le Kominform dont le rôle est de lutter plus efficacement contre l’attitude expansionniste des Etats-Unis.
La mise en place du blocus
Pour montrer leur opposition à la création éventuelle d’un État occidental et à la réforme monétaire, les Soviétiques perturbent les liaisons entre Berlin et les zones occidentales. Staline pense par ce moyen de pression amener les Occidentaux à la table des négociations pour conserver l’unité de l’Allemagne.
Les Alliés oocidentaux après avoir hésité, décident de tenir tête aux Soviétiques, au moment où l’Union soviétique renforce encore sa pression sur les communications entre Berlin et le secteur Ouest de l’Allemagne. Début juin, les voyageurs allemands entrant en zone soviétique doivent obtenir une autorisation spéciale.
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