L'enlèvement d'Aldo Moro
Le 16 mars 1978 le chef de la démocratie- chrétienne italienne Aldo Moro est enlevé puis exécuté par le groupe terroriste d'extrême gauche des Brigades rouges. Retour sur cet épisode tragique des années de plomb italiennes.
Homme d'une grande patience et médiateur de talent, Aldo Moro, né le 23 septembre 1916, était professeur de droit pénal et un homme politique italien de premier plan qui a exercé la fonction de Président du conseil des ministres de la République italienne à cinq reprises entre 1963 et 1976. Son enlèvement et son assassinat ont marqué les esprits.
Une carrière politique d'exception
La carrière politique d’Aldo Moro est née au crépuscule du fascisme dans les Jeunesses Universitaires Fascistes. Professeur de droit pénal à la faculté de jurisprudence de l'université de Bari à partir de 1940, en 1941 il rejoint et devient président de la FUCI (Fédération Universitaire des catholiques italiens). Après la Seconde Guerre mondiale, Moro est élu à l'Assemblée Constituante.
Partisan et acteur du Compromis historique italien
Pendant les années 1970, Moro porte son attention sur le projet d'Enrico Berlinguer de Compromis historique. Le dirigeant du PCI (Parti communiste italien) propose une alliance entre les communistes et les démocrates-chrétiens à une époque de grave crise économique, politique et sociale en Italie. Moro, qui présidait alors la Démocratie chrétienne, est l'un de ceux qui contribuent à former un gouvernement de « solidarité nationale ».
Un enlèvement sanglant
Le 16 mars 1978, il est enlevé en plein Rome, par les Brigades rouges, groupe terroriste d'extrême gauche, emmenés par Mario Moretti. Les Brigades rouges (Brigate Rosse) sont alors un groupe terroriste d'extrême gauche italienne, pratiquant ce qu'ils appellent la « propagande par le fait ».
Les assaillants assassinent les cinq gardes du corps de Moro afin de l’enlever. Après une détention de 55 jours pendant lesquels il envoie plusieurs lettres à sa famille,
à ses collègues, à ses amis et même au Pape Paul VI, Moro est assassiné à Rome ou dans les environs. Son corps sans vie est retrouvé le jour même dans le coffre d'une automobile.
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" Si vous n'intervenez pas, une page terrifïante de l'histoire italienne sera écrite. Mon sang retomberait sur vous, sur le parti, sur le pays... Que la sentence soit appliquée dépendra de vous. Si la pitié l'emporte, le pays n'est pas perdu. "
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Des négociations sujettes à caution
Les Brigades rouges proposent d’épargner la vie de Moro en échange de la libération de plusieurs compagnons emprisonnés.
Pendant sa détention, il est suggéré que certains dans les services secrets ou l'appareil d'État savent où se situe le lieu de détention.
La capture de Moro, la cause et les méthodes de son assassinat ne sont toujours pas clairement identifiées, en dépit de plusieurs procès et de nombreuses enquêtes. Certains ont envisagé que les lettres de Moro comportaient des messages codés à l’attention de sa famille et de ses collègues.
Certains ont suggéré que les Brigades rouges avaient été infiltrées ou manipulées par les services secrets américains.
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Bonus
Les communiqués des brigades rouges
Mon sang retombera sur vous
livre recueil des lettres écrites par Aldo Moro