Du rififi chez les rosbeefs
L’estimation de départ était d’à peu près 5,5 milliards d’euros auxquels se sont rajoutés, (oh ! what a surprise !) 1,5 millions d’euros de TVA qui auraient été « oubliés » lors des calculs.
Chassez l’inflation, elle revient au galop
De plus l’inflation des coûts de construction des infrastructures prévues initialement est telle que les organisateurs ont décidé d’en réduire quelque peu l’ampleur. A commencer par le parc aquatique dont le prix annoncé de 110 millions d’euros avait été multiplié par deux.
La construction d’un stade olympique demandera elle aussi (pour l’instant) 30 millions de plus, une paille anglaise dans l’œil du contribuable londonien. La facture globale aurait donc triplé pour atteindre maintenant entre 12 à 13 milliards d'euros.
Du côté des 12 000 créations d’emplois annoncés , des 9 000 nouveaux logements prévus et de la pérennité des installations des lendemains désenchantés sont d’ores et déjà pronostiqués (et pas par les bookmakers de Picadilly Circus).
Le syndrôme du plombier polonais
En 2007 a lieu l’ouverture du marché du travail dans l’Union européenne. Les chantiers et les activités liées à la préparation et à la tenue des JO risquent d’agir comme véritable un aspirateur à l’extérieur de la fière Albion. On risque d’assister au retour du plombier polonais et à l’afflux de travailleurs du continent qui seraient prêts à plus travailler pour des salaires moindres…
Mais La ministre britannique des sports au Parlement a déclaré que les JO de Londres représentent un projet qui améliorera pour toujours la Grande-Bretagne et qu’ils apporteraient "d'énormes gains financiers" au royaume.
Paroles de bonne augure et certainement portées par l'espoir de faire aussi bien que la fédération allemande de fotball (DFB) et la Ligue professionnelle (DFL) auxquels le Mondial de 2006 a rapporté un bénéfice net de 56,5 millions d'euros.
Charité bien ordonnée...
675 millions de livres vont donc être ponctionnés sur les bénéfices de la National Lottery pour être affectés aux Jeux. Cet argent sera pris sur la part revenant aux arts. Eglises, parcs publics, musées et autres achats d'œuvres d'art vont devoir se serrer la ceinture pendant quelque temps.
On notera en passant que le Musée d’Art Moderne de Londres, lui, va cependant pouvoir s'agrandir de manière très importante grâce à un financement principalement privé. Avec 60% de capacité d’accueil du public supplémentaire, le nouveau bâtiment de 70 mètres de haut pourra donc être en mesure de recevoir en 2012 l’afflux important de touristes et spectateurs des JO. Tout n'est pas perdu.
Et pour éviter vraiment les problèmes il ne restera plus aux athlètes britanniques qu’à rafler un maximum de médailles en or et à en faire don avec leurs primes au comité d’organisation. Le fair-play est bien une invention anglaise, non ? Et comme «charité bien ordonnée commence par soi même» il ne nous reste plus qu’à leur proposer poliment : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ».
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